Vibe-coding : ce que c'est vraiment (et comment ne pas te planter)
Code6 min de lecture · 27 septembre 2026
Tu as une idée de projet, mais tu ne sais pas coder, ou tu codes un peu, sans plus. Depuis quelques mois, un mot circule pour désigner ce que tu fais quand tu décris ton idée à une IA et qu’elle écrit le code à ta place : le vibe-coding. Regardons d’où vient ce mot, ce qu’il permet vraiment, avec quels outils, et surtout comment l’utiliser sans finir avec un projet inutilisable ou dangereux.
D’où vient le mot
Le 2 février 2025, le chercheur en IA Andrej Karpathy (cofondateur d’OpenAI, ancien directeur de l’IA chez Tesla) publie un message qui va devenir célèbre : « Il y a une nouvelle façon de coder que j’appelle le “vibe coding”, où tu te laisses porter par les vibes, tu acceptes les exponentielles, et tu oublies même que le code existe. » Il y décrit sa propre pratique : il parle à voix haute à son éditeur de code, accepte presque toutes les suggestions de l’IA, et quand quelque chose casse, il copie-colle l’erreur pour que l’IA la corrige elle-même. Sa phrase résume tout : « je vois un truc, je dis un truc, je lance un truc, je copie-colle un truc, et ça marche à peu près. »
Karpathy a lui-même précisé, plus tard, qu’il parlait au départ de petits projets jetables du week-end, pas de logiciels destinés à durer. Le mot lui a pourtant échappé bien au-delà de ce cadre : en novembre 2025, le dictionnaire Collins en a fait son mot de l’année, avec cette définition officielle : « l’utilisation de l’intelligence artificielle, guidée par le langage naturel, pour écrire du code informatique. »
Ce que ça permet quand tu n’es pas développeur
Concrètement, le vibe-coding renverse la logique habituelle de la programmation. Au lieu d’apprendre une syntaxe et d’écrire chaque ligne toi-même, tu décris ce que tu veux avec tes mots : « fais-moi un site pour que les membres de mon asso s’inscrivent à des créneaux », « ajoute un bouton qui exporte cette liste en PDF ». L’IA propose le code, l’exécute, te montre le résultat. Tu réagis, tu corriges, tu précises, et ça recommence.
Pour un étudiant qui n’est pas en filière informatique, ça ouvre une porte réelle : tester une idée, construire un petit outil pour un mémoire, un club étudiant, une association ou un projet personnel, sans passer six mois à apprendre un langage avant de voir quoi que ce soit fonctionner. Ce n’est pas de la magie pour autant : c’est toujours toi qui décides quoi construire, dans quel ordre, et qui vérifies que le résultat correspond à ce que tu voulais. L’IA écrit le code ; elle ne remplace pas ton jugement sur ce qui doit être construit.
Les outils qu’on range sous ce mot
Le terme recouvre plusieurs familles d’outils, avec des publics différents :
- Claude Code : un outil en ligne de commande d’Anthropic. Il lit ton projet, propose des modifications, exécute des commandes. Pensé au départ pour des développeurs, il reste accessible à qui est prêt à ouvrir un terminal.
- Cursor : un éditeur de code doté d’une IA intégrée, plutôt taillé pour quelqu’un qui sait déjà lire du code et veut aller plus vite sur un projet existant.
- Lovable : pensé explicitement pour des gens qui ne codent pas, avec une interface visuelle : tu décris ton appli en une consigne et tu obtiens un projet complet.
- Bolt.new : construit par StackBlitz, il fabrique une application complète directement dans le navigateur à partir d’un prompt.
- v0 : l’outil de Vercel, plutôt spécialisé dans la génération d’interfaces (écrans, composants), moins dans une application entière avec sa base de données.
- Replit : un environnement de développement dans le navigateur, avec un agent capable de construire, tester et corriger une application de façon autonome.
Chacun a ses forces et son public. Aucun ne dispense de réfléchir à ce que tu construis avant de commencer.
Les limites qu’il faut connaître avant de foncer
La première limite, c’est Karpathy lui-même qui la pose : il parlait de projets jetables, pas de code destiné à durer ou à recevoir des données réelles d’utilisateurs. Utilisé sans méthode, le vibe-coding produit vite quelque chose qui a l’air de marcher à l’écran tout en cachant des failles.
L’exemple n’est pas théorique. Fin septembre 2026, une enquête a recensé environ 16 000 bases de données Supabase (un service de base de données très utilisé par ces outils d’IA) laissant filtrer des données personnelles telles que des noms, adresses ou mots de passe, à cause d’applications mal configurées. L’article dédié de ce blog sur la sécurité d’une application vibe-codée détaille les erreurs précises à corriger avant de publier quoi que ce soit.
La seconde limite est plus discrète : l’IA fait ce que tu lui demandes, pas forcément ce que tu voulais dire. Si ta demande est floue, le résultat l’est aussi. C’est pour cette raison qu’Anthropic elle-même, qui construit Claude Code, recommande de séparer l’exploration et la planification de l’écriture du code plutôt que de foncer tête baissée : laisser l’IA lire le projet et proposer un plan avant de la laisser modifier quoi que ce soit.
Une méthode en 5 étapes pour ne pas te planter
- Écris d’abord ce que tu veux, sur une page, avant même d’ouvrir un outil d’IA : le problème que tu résous, qui va s’en servir, les fonctionnalités indispensables. L’article suivant de ce blog te donne un modèle prêt à copier.
- Demande un plan avant le code. Décris ton projet, puis demande à l’IA de proposer une approche et de lister les fichiers concernés, avant de la laisser modifier quoi que ce soit. Un prompt simple suffit :
Voici mon projet : [décris ton idée en 2-3 phrases].
Avant de modifier quoi que ce soit, explore ce qui existe déjà
et propose-moi un plan étape par étape. N'écris pas de code
tant que je n'ai pas validé ce plan.
- Avance par petites étapes. Une fonctionnalité à la fois, en relisant ce qui a changé avant de passer à la suivante.
- Vérifie avant de publier. Une application qui « marche » à l’écran peut quand même exposer des données ou des clés secrètes. Ce point mérite un article à lui seul, plus loin sur ce blog.
- Garde une trace de chaque version, avec un outil comme Git par exemple, pour pouvoir revenir en arrière si une étape casse tout.
Si le projet est un travail noté, vérifie d’abord les règles d’usage de l’IA de ton établissement : elles varient beaucoup d’une école à l’autre, et certaines encadrent strictement ces outils pour les rendus évalués.
À retenir
- Le vibe-coding, popularisé par Andrej Karpathy le 2 février 2025 et élu mot de l’année 2025 par le dictionnaire Collins, désigne le fait de construire un logiciel en décrivant ce que tu veux plutôt qu’en écrivant chaque ligne.
- Il existe plusieurs outils, pour des publics différents : du terminal (Claude Code, Cursor) à l’interface visuelle pensée pour les non-développeurs (Lovable, Bolt.new, v0, Replit).
- Karpathy lui-même le réservait aux projets jetables : sans méthode, un projet plus sérieux peut cacher des failles de sécurité bien réelles.
- Une bonne méthode commence toujours avant l’IA : un mini cahier des charges, un plan validé, des petites étapes, une trace de chaque version.
- Pour un travail noté, vérifie les règles de ton établissement avant d’utiliser ces outils.
Pour écrire ton mini cahier des charges avant de te lancer, tu peux partir du modèle de la skill cahier-des-charges-vibe.
Sources
- Vibe coding — Wikipedia · consulté le 27 septembre 2026
- Collins Word of the Year 2025: AI meets authenticity as society shifts — Collins Dictionary · consulté le 27 septembre 2026
- Some Supabase customers are publicly exposing reams of people's data to the web — TechCrunch · consulté le 27 septembre 2026
- Best practices for Claude Code — Claude Code Docs · consulté le 27 septembre 2026






