Choisir sa formation avec les vraies données MonMaster et InserSup
Orientation4 min de lecture · 26 septembre 2026
Choisir un master ou une formation post-bac se fait souvent sur des critères flous : la réputation d’une école, un avis trouvé sur un forum, le nombre de likes d’une vidéo. Il existe pourtant des données publiques, produites par le ministère de l’Enseignement supérieur, qui répondent à deux questions bien plus utiles : combien de personnes ont candidaté à cette formation précise l’an dernier, et que sont devenus ses diplômés. Voici comment les lire sans se faire peur ni se rassurer à tort.
MonMaster : ce que le jeu de données mesure vraiment
Le jeu de données MonMaster, publié par le SIES (le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur), documente chaque formation ouverte aux candidatures sur la plateforme MonMaster : places disponibles, volume de candidatures reçues en phase principale et complémentaire, profils des candidats (l’ensemble des postulants, ceux qui sont classés, ceux qui sont appelés, et ceux qui acceptent finalement une proposition).
Pour donner un ordre de grandeur : sur la campagne 2025, ce sont 8 167 formations qui figurent dans le jeu de données, pour 258 289 candidats ayant confirmé au moins une candidature, et plus de 2,6 millions de candidatures déposées en phase principale. Ces chiffres montrent une chose essentielle : un candidat postule en moyenne à plusieurs dizaines de formations, ce qui change complètement la façon de lire un ratio candidatures/places brut.
Le piège à éviter : si une formation affiche « 800 candidatures pour 30 places », cela ne veut pas dire qu’un candidat a 30 chances sur 800 d’être pris. Beaucoup de ces 800 candidatures sont des vœux « de sécurité » déposés par des personnes qui, si elles sont appelées, n’accepteront pas la proposition parce qu’elles ont une formation préférée ailleurs. C’est justement pour ça que le jeu de données distingue les candidats classés, ceux qui sont appelés, et ceux qui acceptent réellement : ce dernier chiffre — le taux de transformation entre appelés et accepteurs — donne une image beaucoup plus fidèle de la tension réelle sur une formation que le simple ratio candidatures/places.
InserSup : ce que deviennent les diplômés
InserSup est le dispositif du ministère qui mesure l’insertion professionnelle des sortants de l’enseignement supérieur, en croisant des fichiers administratifs de suivi des étudiants avec un extrait des déclarations sociales nominatives (DSN) fournies par la Dares et l’Insee. Contrairement à une enquête déclarative où les diplômés répondent (ou pas) à un questionnaire, InserSup s’appuie sur des données d’emploi réelles.
Les données couvrent les licences professionnelles, les masters, les BUT, les diplômes d’ingénieur et les formations de niveau bac+5 équivalentes, dans les universités, écoles d’ingénieurs et écoles de management. Elles mesurent, à 6, 12, 18, 24 et 30 mois après l’obtention du diplôme :
- le taux d’emploi salarié et non-salarié en France ;
- la nature des contrats obtenus (CDI, CDD, etc.) ;
- la distribution des salaires mensuels nets en équivalent temps plein.
Ces indicateurs existent à plusieurs niveaux : par diplôme précis dans un établissement donné, par type de diplôme tous établissements confondus, et au niveau national — ce qui permet de comparer un master donné dans une université donnée à la moyenne nationale de la même discipline.
Comment lire ces deux jeux de données ensemble, sans se faire peur
Un chiffre isolé ne dit jamais grand-chose ; ce sont les comparaisons qui sont utiles :
- Compare la tension d’une formation à des formations proches, pas à une moyenne nationale abstraite. Un master de sciences très demandé dans une grande métropole aura mécaniquement plus de candidatures qu’un master équivalent dans une ville moyenne — ça ne veut pas dire que le second est moins bon.
- Regarde le taux d’emploi à 18 ou 30 mois plutôt qu’à 6 mois si tu veux une image stabilisée : certains diplômés mettent plus de temps à trouver un poste correspondant à leur formation, notamment dans des filières où l’entrée sur le marché est progressive.
- Une candidature refusée sur une formation à forte tension ne mesure pas ta valeur. Le ratio élevé de candidatures reflète souvent l’attractivité d’une ville, d’un coût de la vie ou d’une réputation, pas uniquement la qualité pédagogique de la formation.
- Ni MonMaster ni InserSup ne prédisent ton propre parcours. Ces jeux de données décrivent des cohortes passées ou des campagnes précédentes : ils donnent un ordre de grandeur réaliste, jamais une garantie individuelle d’admission ou d’emploi. Une formation avec un excellent taux d’emploi à 18 mois n’annonce pas que toi, personnellement, tu trouveras un poste dans ce délai.
Une utilisation concrète
Avant de finaliser tes vœux, il est plus utile de comparer 3 à 5 formations proches sur les deux angles à la fois — tension à l’entrée (MonMaster) et débouchés réels (InserSup) — que de te fier à un seul indicateur. Une formation moins connue mais avec un bon taux d’emploi stable à 18 mois peut être un choix plus solide qu’une formation très demandée dont l’insertion réelle est plus incertaine.
À retenir
- MonMaster (SIES, ministère de l’Enseignement supérieur) donne, par formation, le nombre de places, de candidatures et le profil des candidats classés, appelés et ayant accepté une proposition.
- Un ratio candidatures/places brut surestime la difficulté réelle : beaucoup de candidatures sont des vœux de sécurité qui ne se transforment jamais en acceptation.
- InserSup mesure l’emploi réel des diplômés (via les DSN, pas une enquête déclarative) à 6, 12, 18, 24 et 30 mois, par diplôme et par établissement.
- Ces données comparent des cohortes passées : elles éclairent un choix, elles ne garantissent ni une admission ni un emploi individuels.
- Compare toujours plusieurs formations proches entre elles plutôt qu’un chiffre isolé à une moyenne nationale.
Pour consulter ces chiffres officiels directement, formation par formation, sans avoir à fouiller les fichiers bruts du ministère, le connecteur orientation interroge ces jeux de données en direct.
Sources
- data.gouv.fr — Jeu de données MonMaster 2024 & 2025 (méthodologie et contenu) · consulté le 26 septembre 2026
- data.gouv.fr — Dispositif InserSup, insertion professionnelle des diplômés du supérieur · consulté le 26 septembre 2026
- data.enseignementsup-recherche.gouv.fr — InserSup, plateforme open data MESR · consulté le 26 septembre 2026






