Mémoire : construire sa problématique et son plan avec l'IA
Mémoire5 min de lecture · 26 septembre 2026

Tu dois rendre un mémoire et tu ne sais pas par où commencer : la question de départ te semble trop large, le plan ne prend pas forme, et la bibliographie est un chantier à part entière. L’IA peut t’aider à structurer ce travail — mais il y a une différence essentielle entre s’en servir pour réfléchir et s’en servir pour écrire à ta place. Les universités françaises qui ont publié une charte sur le sujet sont claires là-dessus.
Ce que dit une charte universitaire, concrètement
La charte de l’Université d’Angers, qui s’applique aussi à Polytech Angers, pose un principe simple : l’IA générative « peut être utilisée comme un outil d’assistance dans la préparation des travaux, rapports et mémoires », notamment comme « assistant linguistique et assistant à la recherche d’information ». Mais elle ajoute aussitôt une limite : « sauf indication contraire, les travaux réalisés par les apprenants ne peuvent pas être produits par de tels outils ». Autrement dit, l’IA t’aide à préparer, pas à produire le texte final.
La charte insiste aussi sur trois obligations très concrètes si tu utilises l’IA sur ton mémoire :
- Vérifier et citer : toute information ou citation obtenue via l’IA doit être vérifiée et correctement référencée, sinon c’est un plagiat.
- Demander l’accord de ton encadrant avant d’intégrer l’IA dans ton processus de travail, et en cas de doute, en discuter avec lui plutôt que de deviner ce qui est toléré.
- Déclarer ton usage dans le document final (section dédiée, note de bas de page ou annexe), en expliquant précisément comment tu as utilisé l’outil. L’Université d’Angers met même à disposition un questionnaire pour ça.
Elle précise un point qui concerne directement un mémoire de recherche : « l’Intelligence Artificielle générative ne doit pas être utilisée pour fabriquer des données de recherche, pour une enquête ». Si ton mémoire s’appuie sur des entretiens ou un terrain, les données doivent venir de ta collecte réelle, jamais générées.
La charte de l’UFR Sciences Humaines et Sociales de l’Université Paris Cité va plus loin sur un point : par défaut, sans indication contraire de l’enseignant, aucun usage de l’IA n’est autorisé. C’est à chaque enseignant ou directeur de mémoire de préciser explicitement ce qui est permis. Si l’IA est autorisée, il faut alors exposer la méthodologie de travail dans le devoir, citer les passages concernés, et rester pleinement responsable du contenu produit — y compris de ses erreurs. Cette charte est directe sur ce qu’il ne faut pas faire : laisser l’IA générer l’essentiel du contenu, ou présenter ses réponses comme si elles étaient établies alors que ce sont, dans ses propres termes, « des productions probabilistes ».
Ce sont deux chartes différentes, mais le message de fond est le même : usage complémentaire, jamais substitutif, transparence obligatoire, et vérification systématique par toi-même. La sanction en cas de manquement peut aller, selon la charte d’Angers, du refus du devoir jusqu’à une convocation en commission disciplinaire.
Où l’IA t’aide vraiment sur un mémoire
En restant dans ce cadre, il y a trois moments du travail de mémoire où un assistant IA t’apporte un vrai gain de temps sans jamais écrire à ta place :
1. Passer d’une question de départ à une problématique. Tu arrives avec une intuition trop large (« l’impact du télétravail sur les salariés ») ; un bon échange permet de la resserrer par des questions de relance : quel terrain, quelle période, quelle population précise, quelle tension ou contradiction ton mémoire va-t-il chercher à éclairer. C’est toi qui formules la réponse, l’IA pose les questions qui font avancer.
2. Construire un plan de mémoire et une méthodologie. Une fois la problématique posée, il faut découper le travail : cadre théorique, terrain ou corpus choisi, méthode de collecte (entretiens, questionnaire, analyse documentaire), et un rétroplanning jusqu’à la date de rendu. Là encore, l’IA t’aide à structurer les étapes et à repérer les trous, mais le contenu de chaque partie reste à écrire par toi.
3. Organiser la bibliographie. Rassembler tes références au fil de la rédaction, vérifier qu’elles sont complètes (auteur, année, éditeur, DOI si disponible), et les mettre au bon format de citation — c’est un travail mécanique où l’IA peut réellement faire gagner du temps, à condition de ne jamais inventer une référence qui n’existe pas ou combler un DOI manquant par une valeur inventée.
Ce qu’il faut faire avant de commencer
Avant même d’ouvrir un outil d’IA sur ton mémoire, une seule question compte : qu’autorise ton établissement ? Les deux chartes citées ici montrent que la règle n’est pas la même partout — l’une part du principe que l’usage complémentaire est permis sauf interdiction, l’autre part du principe inverse. Demande explicitement à ton directeur de mémoire ce qui est toléré, et si une charte IA existe dans ton établissement, lis-la avant de t’en servir. C’est ce que rappellent, mot pour mot, les deux textes ouverts pour cet article.
À retenir
- L’IA peut t’aider à passer d’une question de départ à une problématique, à construire un plan et un rétroplanning, et à organiser une bibliographie — jamais à rédiger le mémoire à ta place.
- La charte d’Angers autorise un usage d’assistance à condition de vérifier, citer et déclarer l’usage ; celle de Paris Cité (UFR SHS) interdit par défaut, sauf autorisation explicite de l’enseignant.
- Aucune des deux charte ne permet de fabriquer des données de recherche ou de terrain avec l’IA.
- Une utilisation non déclarée ou non autorisée est traitée comme un manquement à l’intégrité académique, avec des sanctions qui vont du refus du travail à la commission disciplinaire.
- Demande toujours à ton directeur de mémoire ce qui est permis, et vérifie si ton établissement a publié sa propre charte avant de t’en servir.
Pour t’accompagner sur cette étape précise — passer de ta question de départ à une problématique solide, construire ton plan et ton rétroplanning — la skill memoire-problematique applique exactement ce cadre : elle questionne et structure, elle n’écrit jamais le mémoire à ta place.
Sources
- Charte d'utilisation de l'IA générative — Université d'Angers / Polytech Angers · consulté le 26 septembre 2026
- Charte d'utilisation de l'intelligence artificielle générative par les étudiants — UFR SHS, Université Paris Cité · consulté le 26 septembre 2026





